Combien de temps en moyenne pour une réponse ?
Les candidats sont souvent très investis, mais les entreprises prennent leur temps. Un baromètre publié par la Société Générale en 2015 indiquait qu'environ un tiers des recruteurs accordaient moins d'un mois pour donner suite aux candidatures, et qu'une majorité d'employeurs répondaient en moins de 45 jours. Une étude Jobvite de 2019 évoquait pour sa part un délai moyen autour de 38 jours.
Ces chiffres datent un peu, mais la tendance n'a pas vraiment bougé : le processus s'est plutôt allongé au fil des années. Retenez surtout un ordre de grandeur. Entre l'entretien et la décision finale, comptez souvent une à plusieurs semaines, selon le poste et l'entreprise.
Quelques repères selon la situation
24 à 48 heures
Possible pour un retour très positif ou une prochaine étape déjà prévue.
3 à 7 jours
Délai fréquent pour comparer les candidatures et organiser la suite.
10 à 15 jours
Encore possible, mais une relance devient utile si rien n'a été annoncé.
Plus de 3 semaines
Gardez la piste ouverte, mais avancez franchement sur vos autres candidatures.
Pas de réponse deux semaines après l'entretien : c'est grave ?
Pas forcément, même si ce n'est jamais bon signe. Un exemple revient souvent : un candidat passe un premier entretien, on lui promet une réponse sous une semaine, et le refus finit par tomber treize jours plus tard. Difficile, dans ces conditions, de dire s'il faut s'inquiéter au bout de quinze jours. Mais les faits sont là : attendre aussi longtemps n'a rien d'exceptionnel, hélas.
La bonne attitude est de ne pas rester suspendu à cette seule réponse. Continuez vos autres candidatures, gardez le rythme, et considérez cet entretien comme une piste parmi d'autres tant que rien n'est écrit.
Pas de réponse du tout : que faire ?
Si vous n'avez vraiment aucune nouvelle passé une quinzaine de jours, il ne sert plus à grand-chose d'attendre sans rien faire. Idéalement, il aurait fallu relancer plus tôt ; si ce n'est pas fait, c'est encore le moment, ne perdez pas de temps. Passé trois semaines de silence complet, remobilisez votre énergie ailleurs.
Si vous aviez beaucoup investi sur ce poste, accordez-vous aussi des activités qui vous changent les idées. Cela vous aidera à rebondir et à aborder les entretiens suivants l'esprit clair.
Comment savoir si l'entretien s'est mal passé ?
Il est difficile d'en être certain, mais certains signaux pendant l'échange en disent long. Restez attentif à ces indices :
- un entretien expédié, très court, sans qu'on vous invite à développer ;
- un recruteur dont le regard décroche pendant que vous parlez ;
- peu de questions de suivi, comme si votre profil n'appelait pas d'approfondissement ;
- un interlocuteur visiblement pressé, l'esprit ailleurs, qui respecte les formes sans réel intérêt ;
- aucune projection concrète sur la suite ni sur les prochaines étapes.
À l'inverse, un échange qui s'étire, où le dialogue s'engage de lui-même et où le recruteur prend des notes, est plutôt encourageant. Le silence n'est pas toujours d'or, mais certains signes ne trompent pas.
Combien de temps pour une réponse positive ?
Quand vous avez marqué des points, la réponse peut être étonnamment rapide : trois, cinq ou sept jours ne sont pas rares. Attention toutefois, un délai un peu plus long ne signifie pas que c'est perdu. De nombreux critères allongent ou raccourcissent l'attente :
- le nombre de décisionnaires : un interlocuteur unique, ou un manager plus un RH, voire davantage ;
- le nombre de candidats reçus, qu'il faut comparer avant de trancher ;
- la taille de l'entreprise : une start-up peut répondre dès le lendemain ;
- les aspects budgétaires, surtout pour des postes à responsabilité et des négociations de package ;
- des raisons très terre à terre : un recruteur en congés, malade ou débordé.
Combien de temps pour recevoir son contrat ?
Côté juridique, le repère le plus net concerne le CDD : le contrat écrit doit être transmis au salarié dans les deux jours ouvrables suivant l'embauche (article L1242-13 du Code du travail). Pour un CDI, la loi n'impose pas de contrat écrit dans un délai précis, mais dans la pratique, l'écrit est presque toujours établi, souvent même avant la prise de poste.
C'est fréquent pour les recrutements de cadres déjà en poste : recevoir le contrat en amont leur permet d'entamer les démarches auprès de leur employeur actuel, comme poser leur préavis en toute sécurité.
Quand et comment relancer ?
Relancez une première fois lorsque le délai annoncé est dépassé. Si aucun délai n'a été donné, attendez environ une semaine. La relance doit rester courte, polie et tournée vers l'information, jamais vers le reproche.
Bonjour [Madame / Monsieur], je me permets de revenir vers vous à la suite de notre entretien du [date] pour le poste de [intitulé]. Je reste très intéressé(e) par l'opportunité et serais heureux(se) de connaître la suite du processus dès que vous aurez un retour à me communiquer.
Que comprendre quand le recruteur dit « on reste en contact » ?
En France, un certain manque de rigueur persiste sur les réponses aux candidats : c'est un vrai axe de progrès pour les marques employeurs. Le plus souvent, l'absence de réponse après un entretien signifie simplement que le profil n'a pas été retenu, ce qu'on appelle un « non implicite ».
Quant au fameux « on reste en contact », interprétez-le avec prudence : il faut l'entendre comme « on pourra peut-être travailler ensemble un jour ». L'intention n'est pas forcément fausse, mais la perspective d'un accord concret reste, pour l'heure, lointaine.
Un recrutement se termine mieux avec une réponse claire, même négative. Si le candidat est retenu, la suite doit être cadrée : promesse éventuelle, contrat, période d'essai, documents d'embauche et date d'entrée. Une promesse d'embauche mal formulée peut d'ailleurs engager l'employeur.